| Extrait
de wikipedia
en février 2013
L'alcoolémie est le taux d'alcool présent
dans le sang. Elle se mesure généralement
en grammes par litre de sang, en milligrammes
par 100 ml de sang ou en millimoles par litre
de sang. L'alcoolémie se mesure également
en milligrammes par litre d'air expiré.
Le terme taux d'alcoolémie est un pléonasme,
et à ce titre, ne doit pas être
utilisé.
Correspondance des valeurs : un gramme d'éthanol
par litre de sang équivaut à 22
millimoles par litre de sang ou bien à
un demi-milligramme d'éthanol par litre
d'air expiré.
Sommaire
1 Calcul approché de l'alcoolémie
1.1 Calcul
1.2 Exemple
2 Facteurs métaboliques
2.1 Absorption
2.2 Distribution
2.3 Élimination
3 Effets de l'alcool en fonction de l'alcoolémie
4 Taux légal
4.1 Moyens de contrôle de l'alcoolémie
4.2 Sanctions
4.2.1 France
4.2.2 Québec
5 Notes et références
6 Voir aussi
6.1 Articles connexes
Calcul approché de l'alcoolémie
Calcul
Soit T l'alcoolémie approchée
et K le coefficient de diffusion (0,7 pour l'homme
et 0,6 pour la femme)
La densité de l'éthanol étant
d'environ 0,8, on obtient alors :
T = \frac{V \times p \times 0,8}{K \times m}
= \frac{10 \times Ua}{K \times m}
Avec :
V : le volume de boisson ingéré
en ml ;
p : le degré d'alcool de la boisson ingérée
;
K : le coefficient de diffusion ;
m : la masse de l'individu en kg.
Ua : Unité d'alcool (défini par
l'OMS comme 10 grammes d’alcool pur)
Exemple
Soit un individu ayant consommé 50 cl
à 5° (soit un « bli »
servi en Belgique ou deux « demis »
de bière en France1), il y a trente minutes
et à jeun.
L'individu est une femme de 55 kg : K = 0,6
:
T=\frac{500 \times 0,05 \times 0,8}{0,6 \times
55} \approx 0,60\,g/l\;de\;sang
L'individu est un homme de 80 kg : K = 0.7
:
T=\frac{500 \times 0,05 \times 0,8}{0,7 \times
80} \approx 0,36\,g/l\;de\;sang
Facteurs métaboliques
Absorption
Suite à son ingestion, l'alcool est
absorbé selon une vitesse qui dépend
de différents facteurs, tels que :
présence d'aliments dans l'estomac
(effet retardateur) ;
concentration en alcool de la boisson consommée
(effet amplifiant) ;
vitesse de consommation (effet amplifiant).
Environ 20 % de l'alcool est absorbé
au niveau de l'estomac et les 80 % restants
le sont au niveau de l'intestin grêle.
L'absorption de l'alcool se fait par un processus
physique basé sur la différence
de concentration de part et d'autre de la membrane
digestive.
Distribution
L'alcool ne demeure pas confiné dans
la circulation sanguine et se répartit
dans l'ensemble des tissus de l'organisme ;
l'alcool étant hydrophile, sa concentration
dans un tissu dépend de sa teneur en
eau.
Une fois absorbé, l'alcool se retrouve
dans la circulation sanguine au niveau du système
de la veine porte. De là, il suit la
circulation sanguine : veine porte, veine cave
inférieure, cœur droit, poumons,
cœur gauche puis autres tissus.
À consommation égale d'alcool
en une même période de temps, un
homme aura un taux d'alcool sanguin moins élevé
que la femme. Ceci s'explique par le fait que,
généralement, ses masses corporelle
et musculaire sont plus grandes que celles de
la femme. Ainsi, l'alcool trouve davantage d'espace
ou de volume de distribution dans le corps de
l'homme (et ainsi demeure moins confiné
au niveau sanguin).
Élimination
Dès que l'on commence à absorber
de l'alcool, l'organisme commence à l'éliminer.
Lors de la phase de consommation, l'apport d'alcool
est plus grand que ce que peut éliminer
le corps. Par conséquent, l'alcoolémie
augmente.
Une fois tout l'alcool absorbé, l'apport
devient nul et l'élimination exerce son
action. L'alcoolémie commence à
redescendre. L'alcool est principalement éliminé
par voie métabolique au niveau du foie
par un système enzymatique appelé
alcool déshydrogénase. Cette voie,
responsable de l'élimination de plus
de 90 % de l'alcool présent dans l'organisme,
est par ailleurs rapidement saturée,
de telle sorte que la vitesse d'élimination
demeure constante ; on ne peut l'augmenter (ou
la diminuer) par un quelconque autre moyen.
Le taux d'élimination de l'alcool est
en moyenne de 0,15 g / litre de sang / heure
(15 mg / 100 mL / heure). D'une personne à
l'autre, le taux peut varier entre 0,10 et 0,25
g / L / heure (10 et 25 mg / 100 mL / heure).
Effets de l'alcool en fonction de l'alcoolémie
L'alcool agit principalement sur le système
nerveux central, et provoque, dès que
l'alcoolémie dépasse les 0,5 g/L
(500 mg/1 000 mL) de sang, les effets suivants
sur la plupart des sujets :
rétrécissement du champ visuel
;
augmentation de la sensibilité à
l'éblouissement ;
altération de l'appréciation de
l'espace et notamment des distances ;
diminution des réflexes et augmentation
des temps de réaction à des situations
imprévues. La durée moyenne du
temps de réaction en conditions normales
est évaluée à une seconde
environ. Dès 0,5 g/L, ce temps de réaction
atteint 1,5 seconde. Plus l'alcoolémie
est élevée, plus le temps de réaction
est allongé ;
surestimation de ses capacités ; l'effet
généralement euphorisant de l'alcool
inhibe certains réflexes et peut induire
des comportements périlleux ;
intoxication sévère au-delà
de 3 g/L, avec risque de coma éthylique
élevé ainsi que risques d'hypothermie
et d'hypoglycémie.
à partir de 3,8 g/L, le sujet risque
la mort. Au-delà de 5 g/L, la mort devient
fortement probable.
Ces effets, lorsqu'ils sont présents
chez un conducteur de véhicule, peuvent
rendre la conduite plus dangereuse :
si un obstacle survient, la mauvaise appréciation
des distances, combinée à un retard
dans le temps de réaction dû aux
réflexes altérés, risquent
de provoquer un freinage trop tardif ;
l'effet euphorisant peut conduire à des
prises de risques inconsidérés,
comme rouler à une vitesse excessive,
se montrer agressif envers les autres usagers,
oublier de mettre la ceinture de sécurité
ou le casque....
Taux légal
Dans les pays respectant la Déclaration
universelle des droits de l'homme[réf.
nécessaire], les interdictions ne peuvent
avoir pour motivation que l'intérêt
commun. De fait, ce n'est pas la consommation
de l'alcool en soi qui est répressible,
mais les effets néfastes qu'elle entraîne.
En général, cela s'applique à
trois situations :
enfant mineur : l'alcool ayant un effet néfaste
sur le développement de l'enfant, il
est en général interdit de servir
de l'alcool aux mineurs dans les débits
de boisson ; En France, elle est illégale
pour les moins de 18 ans (loi Bachelot de 2009).
trouble à l'ordre public : l'ivresse
publique et manifeste (ou ivresse sur la voie
publique) est en général réprimée
;
la conduite sous l'emprise de l'alcool, pouvant
causer des accidents.
Les deux premiers points sont en général
soumis à un contrôle des faits
ou du comportement ; il n'y a donc pas de limite
en termes de d'alcoolémie proprement
dite. Le dernier point ayant des conséquences
pouvant être mortelles, les législations
définissent en général
une limite légale au-delà de laquelle
la conduite est interdite.
Le Code de la route définit donc une
concentration limite à partir de laquelle
un automobiliste n'est plus autorisé
à utiliser son véhicule.
En France, le taux légal est de 0,5
g d'alcool par litre de sang (ou 0,25 mg par
litre d'air expiré), ce qui correspond
approximativement à deux verres standard
de vin. Ainsi, la formule approchée rappelée
ci-avant donne, à titre tout à
fait indicatif pour un homme ayant une masse
de 80 kg, V = 58 cl pour une bière ou
un cidre à 6 %, V = 28 cl pour un vin
à 12,5 % et V = 8 cl pour un alcool à
43 %.
En Belgique, le taux légal est de 0,22
g d'alcool par litre d'air expiré, ou
0,5g/l de sang.
Au Canada, le taux légal est de 80 milligrammes
d'alcool pour 100 millilitres de sang ou 0,08
% (m/v), ce qui correspond à 0,8 g d'alcool
par litre de sang.
Pour la Suède, le taux légal
est de 0,2 g par litre de sang, et au Royaume-Uni
il est de 0,8 g/l de sang.
Dans certains pays comme la Hongrie, la République
tchèque, le taux légal est tout
simplement de 0 g par litre de sang. Cependant,
il est apparu que certaines personnes, sans
consommer d'alcool, possèdent naturellement
une très légère alcoolémie,
ce qui conduit à remettre en question
le taux légal de 0 g par litre de sang
dans les pays ayant adopté un tel taux.
Moyens de contrôle de l'alcoolémie
contrôle comportemental : celui-ci n'est
pas pratiqué en France ; il présente
l'intérêt de détecter des
troubles de comportement pouvant être
dus à d'autres toxiques (médicaments,
cannabis) ; il consiste en général
en des tests d'équilibre (tenir un certain
temps sur une jambe, marcher le long d'une ligne
sur une certaine distance), et des tests d'appréciation
des distances (se toucher le nez les yeux fermés
en partant bras tendus) ;
éthylotest, ou alcootest : analyse semi-quantitative
de l'air expiré par indicateur coloré
(oxydation de l'alcool par le dichromate de
potassium) ;
éthylomètre électronique
: analyse de l'air alvéolaire expiré
par un détecteur semi-conducteur (sa
résistivité varie en fonction
de la quantité d'alcool adsorbée
en surface) ou par une cellule qui compare les
changements de hauteurs d'ondes envoyés
par un émetteur IR ;
analyse du taux plasmatique après prise
de sang.
Ces deux derniers moyens de contrôle
apportent une preuve de l'alcoolémie,
ce qui peut donner suite aux sanctions appropriées,
alors que l'éthylotest est utilisé
pour détecter une alcoolémie supérieure
au taux légal, et sera suivi par une
mesure précise par prise de sang ou éthylomètre.
Sanctions
France
Les peines encourues en France pour une personne
conduisant avec une certaine alcoolémie.
Pour une alcoolémie supérieure
ou égale à 0,5 et inférieure
à 0,8 g par litre de sang (contravention)
: une amende de 135 euros et la perte de six
points (article R. 234-1 du Code de la route).
Pour une alcoolémie supérieure
ou égale à 0,8 g par litre de
sang (délit) : jusqu'à deux ans
d'emprisonnement, une amende pouvant atteindre
4 500 euros, la confiscation du véhicule,
la suspension du permis de conduire et la perte
de six points (articles L. 234-1 et L. 234-2
du Code de la Route).
En cas d'infraction plus grave (récidive,
homicide involontaire), la peine encourue est,
en plus des sanctions pénales, l'annulation
du permis de conduire pour une durée
pouvant atteindre dix ans. À noter également
que la loi n° 2011-267 du 14 mars 2011,
dite LOPPSI II, prévoit, en son article
74, la saisie automatique du véhicule
pour récidive d'alcoolémie, sauf
décision spécialement motivée
du juge (article L. 234-12 du Code de la route).
Toutefois, ces sanctions sont des plafonds qui,
dans la pratique judiciaire et selon les avocats2,
ne sont jamais atteints.
Le refus de se soumettre à un dépistage
de l'alcoolémie n'est pas une infraction
; c'est par contre un motif de vérification.
Le refus de se soumettre à la vérification
éthylométrique est un délit.
Québec
Les peines encourues au Québec pour
une personne conduisant avec une certaine alcoolémie.
Toute personne ayant un permis d'apprenti-conducteur,
probatoire, restreint ou qui a la restriction
I est soumise à la règle du «
zéro alcool », qui interdit de
conduire après avoir consommé
de l'alcool. Si elle ne se conforme pas à
cette règle, son permis (ou le droit
d'en obtenir un) sera suspendu sur-le-champ
pour une période de 90 jours.
Il en va de même pour toute personne ayant
une alcoolémie supérieure à
0,8 g/L (80 mg d'alcool par 100 mL de sang)
: son permis (ou le droit d'en obtenir un) sera
suspendu sur-le-champ pour une période
de 90 jours.
Si une personne refuse de fournir un échantillon
d'haleine ou de sang à la demande d'un
policier : son permis (ou le droit d'en obtenir
un) est suspendu sur-le-champ pour une période
de 90 jours, et le véhicule que conduit
la personne est saisi, remorqué sur-le-champ
et gardé à la fourrière
pour une période de 30 jours.
Pour une alcoolémie supérieure
à 160 mg d'alcool par 100 mL de sang,
le véhicule que conduit la personne est
saisi, remorqué sur-le-champ et gardé
à la fourrière pour une période
de 30 jours3. |